Michel Macréau (1935 – 1995) est un peintre et dessinateur français né à Paris dans une famille modeste. Après des études au lycée de Sèvres en section artistique, où il collabore à la réalisation de cartons de tapisseries pour Le Corbusier, il fréquente l’Académie de la Grande Chaumière et développe très tôt une pratique radicalement personnelle. Vers 1956, il s’installe avec des amis dans un vieux château abandonné de la Vallée de Chevreuse, délaisse le pinceau pour le tube qu’il presse directement sur la toile : la forme et la méthode sont trouvées.
Sa première exposition personnelle en 1962 à la galerie Raymond Cordier est un succès immédiat, Georges Pompidou achète deux œuvres dont Le Griffu, qui restera exposé à l’Élysée durant sa présidence. Mais le succès est de courte durée : ses œuvres jugées trop anticonventionnelles cessent de se vendre, et Macréau traverse une longue traversée du désert marquée par le doute et la dépression. Ce n’est qu’au début des années 1980, avec l’émergence de la Figuration libre et l’apparition sur la scène internationale de Basquiat et Combas, que son œuvre retrouve la reconnaissance qu’elle méritait.
Son travail, difficile à classer, convoque à la fois l’Art Brut, le graffiti, CoBrA et la Figuration libre sans appartenir pleinement à aucun. Personnages obsessionnels, corps fragmentés, visages et inscriptions superposés dans des compositions directes et nerveuses, peints sur toile, carton, tissu ou drap : une écriture graphique brute et foisonnante, précurseuse, à laquelle Combas, Penck, ou encore Basquiat ont souscrit, vingt ans après.
La collection VOILART conserve des sérigraphies de l’artiste, tirages sur papier et sur torchon, témoignant de la puissance graphique d’une œuvre longtemps méconnue et aujourd’hui pleinement reconnue à sa juste valeur.
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