Moses Ernest Tolliver (vers 1920 – 2006), connu sous le nom de Mose Tolliver, est un artiste autodidacte américain né en Alabama, fils de métayers. Il quitte l’école après le cours élémentaire et passe la première partie de sa vie à travailler comme jardinier, peintre en bâtiment et manutentionnaire dans une usine de meubles de Montgomery. À la fin des années 1960, un chargement de marbre tombe d’un chariot élévateur et lui écrase les jambes, le laissant invalide à vie. C’est son patron, Raymond McLendon, de retour d’une exposition d’art, qui l’encourage alors à peindre. « Je n’aurais probablement jamais peint si je ne m’étais pas blessé. Je serais resté à travailler dans les jardins. »
Il commence à peindre assis sur le bord de son lit, les pots de peinture autour de lui, sur tout ce qui lui tombe sous la main : contreplaqué, portes de meubles, plateaux de tables, couvercles de cercueil, boîtes de conserve. Sa peinture maison, appliquée mouillé sur mouillé, donne naissance à un univers immédiatement reconnaissable : oiseaux, animaux, figures humaines aux têtes démesurées vues de face, autoportraits avec ses béquilles, et ses fameuses moose ladies, figures féminines aux jambes levées qui font scandale autant qu’elles font rire. Il signe toujours Mose T, avec le S à l’envers. Révélé au grand public lors de l’exposition Black Folk Art in America 1930-1980 à la Corcoran Gallery de Washington en 1982, il était, à sa mort, le dernier artiste vivant parmi les vingt réunis dans cette exposition fondatrice. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans les collections du Smithsonian, du High Museum of Art d’Atlanta et de l’American Folk Art Museum de New York.
La collection VOILART conserve des peintures à l’huile sur bois de l’artiste, réalisées sur ces supports de récupération qui sont l’une des signatures de son œuvre, témoignant de cette force narrative directe et de cette palette vive qui ont fait sa reconnaissance internationale.
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